(Article écrit pour le blogue d’Omaïki 🙂 )

Toute ma vie, j’ai été au volant. Pas de n’importe quel bolide à part ça ! J’étais la capitaine d’une navette qui roulait sur la voie expresse en direction de mes aspirations. Une capitaine à l’efficacité impressionnante, munie d’une Google Map détaillant tous les arrêts qui seraient requis pour me rendre à destination, au sommet.

Disons que je suis une curieuse difficile à arrêter et qu’on me considère un peu intense dans la recherche d’information qui m’aident à prendre mes décisions. Vous savez, le type de fille qui réfléchit aux conséquences, qui fait les listes de plus et de moins, blablabla. Ça a toujours bien fonctionné pour moi. Attention, je suis aussi quand même intuitive (j’ose penser ha!), j’écoute mon cœur, je saute à l’aventure en dehors de ma zone de confort de façon régulière. Mais une fois lancée, je suis assez calculée, merci.

Cette mer-ma-vie se naviguait assez doucement malgré mon quotidien ultra chargé. J’étais une femme d’affaires assez équilibrée pour enseigner le yoga plusieurs fois par semaine, cuisiner santé, passer un peu de temps entre amis et beaucoup de temps à jouer dehors avec mon mari. Bref, je me sentais en contrôle, je me sentais au top quoi ! Lorsque des défis se présentaient, je sortais ma boîte à outil de yogi pour pratiquer la pleine conscience, la gratitude et le lâcher prise. Depuis que je suis devenue maman, je suis encore bonne en gratitude (comment ne pas l’être, quel cadeau d’être la maman d’un bébé aussi émerveillée, forte de caractère, sage et curieuse). Depuis que je suis devenue maman, ce sont les départements de la pleine conscience et du lâcher prise qui ont pris tout un coup, genre allo, je suis tellement, mais tellement loin de maîtriser ces pratiques en fin de compte.

Pendant mes premiers mois post-partum, les pleurs de la fille qui avait complètement perdu sa boussole se voyaient mêlés avec l’espoir de la fille qui commençait à comprendre que chaque seconde de vulnérabilité m’en apprenait un peu plus sur la femme que j’étais ; celle que je pensais connaître comme le fond de ma poche. Quel cheminement on vit, lorsqu’on donne la vie. Enfin bref, j’ai renoué avec la pleine conscience au moment où j’ai décidé de faire fi des livres et e-newsletters dans lesquels je noyais mon instinct maternel.

Aussitôt que j’ai cédé au co-dodo occasionnel, à laisser Sasha s’endormir au sein plutôt que de me rendre folle à passer 2 heures à l’encourager (LOL) à s’endormir par elle-même dans sa bassinette… il y a eu comme un délicieux déclic, telle une gâterie digne de mes pires cravings, non, pire, une drogue ! Et depuis que j’ai cédé, je suis junkie de mon bébé, de nos échanges de douceur à chaque fois où je me lève pour l’allaiter la nuit, même si « elle devrait faire ses nuits à presque 9 mois franchement » Oh well ! Pour ce qui est du lâcher prise, c’est une autre histoire ! Le lâcher prise, c’est un travail constant.

Tandis qu’on laisse de moins en moins les surprises et coups durs nous anéantir, qu’on choisit de ne pas se laisser assommer par la culpabilité qui pourrait régner sur notre vie de de maman, on s’améliore, lentement. On prendra le dessus un moment donné. Entre temps, donnons-nous la permission d’être ces mamans girouettes, un peu perdues entre le plus beau et difficile rôle de notre vie et la femme qu’on était avant. On a le droit et c’est beau pareil 🙂

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